N’en déplaise aux puristes ou aux intégristes pour qui la seule musique à moto doit être composée du vent et du moteur, il m’est devenu impossible pénible de faire plus de 15 ou 20 kilomètres dans un casque dépourvu de système de communication. Oui, un intercom mais comme je roule seul, ce n’est pas vraiment un intercom. Pourquoi pénible ? Premièrement car Thérèse fait quand même un bruit particulièrement peu excitant. Comme une Deuche aux hormones mais pas les bonnes hormones. Ensuite parce que, comme tout le monde devrait le faire (je reviendrai sur ce point bientôt), je roule avec des protections auditives. Elles me permettent d’entendre ce qui compte pour ma sécurité au guidon mais, du coup, quand il faut avaler les bornes dans ce confort ouaté, il est nécessaire de pouvoir entendre le GPS vous avertir d’un rada… euh, véhicule garé après le virage.

Intercom moto Cardo Packtalk Black

Si le côté pratique de l’intercom est indéniable, surtout pour ceux qui roulent avec un léger fond sonore pour passer le temps, il y a un souci majeur. C’est laid. Mais vraiment. Sur tous les modèles que j’ai pu tester, de Cardo à Sena en passant par Cellular Line, ce machin à apposer côté gauche n’a pas d’autre choix que de ressembler à une immonde verrue qui confine au grotesque quand c’est sur un casque au profil hyper travaillé. Forcément, il embarque la batterie et l’électronique. Chez Sena (avec le 10U et le SRL), on peut avoir une intégration qui frise la perfection, au prix d’une ergonomie délicate puisque seuls deux boutons sont accessibles. Chez Cardo, mis à part l’épisode du SHO‑1 destiné aux Shoei, l’heure n’a jamais été à la compacité. C’est regrettable d’ailleurs et mon antique SHO‑1 a fini par passer sur mon Arai QV-Pro tant la qualité du son Cardo me manquait.

Car oui, il y a une vraie différence entre Sena et Cardo et elle concerne le son. Même sur les modèles récents, Sena n’a — à mon avis — pas encore réussi à se hisser au niveau de Cardo. Sur les morceaux pêchus ou à volume un chouilla élevé, un intercom Sena va rapidement saturer, rendant l’écoute désagréable. Et nul besoin pour ça de coller le volume à 100 %, loin de là. Si vous utilisez l’intercom pour écouter de la musique en ville, vous n’entendrez pas la différence. Sur route ou autoroute, ce sera une autre histoire. Et, pour enfoncer le clou, Cardo a dernièrement signé un partenariat avec JBL pour que la firme s’occupe des réglages des intercoms afin d’avoir un son aussi bon que possible au vu des contraintes cauchemardesques d’un casque de moto et livre, en option, des hauts-parleurs de 45 mm (au lieu de 40 de série) de diamètre pour un meilleur son. Seulement voilà, comme dit au départ, ce sont des intercoms non intégrés et donc vilains comme un Honda Vultus. Cardo a donc décliné son vaisseau amiral technologique Packtalk dans une nouvelle version. Un petit changement qui fait beaucoup.

Intercom moto Cardo Packtalk Black

Ils ne sont sont pas foulés, le truc est juste noir.

Vous, en découvrant la photo.

Et c’est vrai : esthétiquement, c’est un Packtalk Bold entièrement noir. Mais l’astuce fonctionne car on perd ce côté « parpaing posé sur le casque ». Pour peu que vous ayez un casque noir, il y a fort à parier que seule la LED deviendra visible. Le tout sans avoir perdu le côté pratique des boutons et de la mollette accessibles et manipulables même avec de gros gants. Et si l’ensemble reste techniquement identique à la version classique, pour parfaire le tableau, Cardo a procédé à quelques ajustements.

Intercom moto Cardo Packtalk Black avec ses accessoires
Intercom moto Cardo Packtalk Black avec ses accessoires

Rien que du classique, avec les deux micros (pour intégral et jet/modulable), les supports à pince ou à coller et les divers velcro. Mais… mais les écouteurs livrés de série sont les JBL de 45 mm. Et là, en théorie, on quitte le son de boîte de conserve de quelques modèles pourtant vendus à un prix pas si éloigné pour entrer dans la vraie salle de concert.

C’est débile de vouloir une salle de concert, on roule, on n’est pas là pour une symphonie.

Les grincheux anti-tout.

C’est pas faux. Cependant, avec une vraie belle qualité de son, on peut se permettre de garder un volume raisonnable pour vraiment profiter de sa musique. Ou des annonces de direction balancées par votre appli GPS. Parce que même sans musique, entre Gisèle vous hurler dans les oreilles « AU PROCHAIN ROND-POINT, TOURNEZ À DROITE B*RDEL » avec un son aussi saturé que les appels micro du Lidl de Vierzon, c’est un coup à finir dans le fossé.

Alors bien entendu, ce Packtalk Black trônant au sommet de la gamme Cardo, il est rempli de super fonctions, comme la possibilité de créer un réseau Mesh pour relier jusqu’à 15 motards sur 8 km, avec reconnexion automatique si l’un des membres du groupe s’éloigne trop puis revient à portée (vous savez, ce pote qui voulait absolument venir mais roule comme une chèvre) le volume automatique selon la vitesse ou la reconnaissance vocale histoire de ne pas avoir honte de parler aux voix que vous avez dans la tête, comme tout le monde. Pas vous ? Ah bon.

En bonus, il est annoncé étanche. Vraiment étanche. Pas comme ces intercoms qui rendent l’âme au bout de 20 bornes sous le déluge. Oui, c’est du vécu et c’est aussi l’un des arguments pour les intercoms intégrés, qui ont malheureusement l“inconvénient de ne pas pouvoir passer d’un casque à l’autre au fil des années, transformant l’investissement en dépense. Parce qu’à 389 € le bout, il faut envisager l’achat pour plusieurs années. Cependant, au vu de ce qu’a enduré mon intercom SHO‑1, je reste (très) confiant sur la qualité Cardo. Pour un usage plus léger, il y a d’autres modèles chez Cardo, notamment les Freecom mais ils ne disposent pas des hauts-parleurs JBL*.

* enfin le Freecom 4+ si, mais pas en 45 mm de série. Mais il est possible d’acheter les écouteurs à part, ce qui est un sacré bon point. Bravo Cardo !