Disons-le clairement, je ne suis pas le client que Shoei vise avec son Glamster. Et c’est bien pour ça que tester leur nouvel intégral néo-rétro-vintage-trucmuche m’intéressait. Histoire de le juger sans parti pris positif.

Casque Shoei Glamster, déco Resurrection bleue
Casque Shoei Glamster, déco Resurrection bleue

Le néo-rétro est clairement LA tendance moto depuis quelques années. Et moi, la tendance, ça a justement tendance à m’agacer. Déjà parce que j’ai toujours été un vieux grincheux et surtout parce que, au-delà des effets de mode, je préfère m’assurer qu’un produit est bon sur le fond que réussi sur le plan du marketing tout en étant une bouse technique. Shoei a été l’un des derniers à se pointer dans le domaine du casque « look d’il y a 40 ans avec une technologie moderne », il faut dire que pour une telle marque, il est interdit de se planter et, comme Arai, ils ont pour habitude de jouer la prudence, suivant une tendance quand le marché le leur impose et que ça ne contrarie pas leurs idéaux techniques. On se rappellera des réticences de Shoei face à l’écran solaire interne (quand Arai s’y refuse toujours).

Alors, ce Glamster, coup de bluff ou coup de génie ? Difficile de parler de coup de génie quand on tape dans la nostalgie, avec des traits qui vont forcément s’inspirer de ce qui existait il y a quelques décennies. D’autant que tous ceux qui font ça dans le segment du Premium font un peu office de « suiveurs » face à Bell avec son Bullitt. Je reviendrai sur cet exemple, pas vraiment anodin.

Casque Shoei Glamster, pendant une course à l'ancienne, sur le sable
Casque Shoei Glamster, comme il ne sera jamais utilisé

Le Glamster, c’est donc un intégral très bien fini. Bonne nouvelle donc, Shoei reste fidèle à ses standards et à tout ce qui a fait sa réputation. Les ajustements sont au millimètre et les matériaux très flatteurs, notamment la base des mousses, en (simili) cuir qui rappelle vraiment les intégraux d’antan. Et même si je ne suis pas client de cette fausse nostalgie, je dois reconnaître que la ligne générale est assez réussie, avec une mentonnière fine, un écran imposant et des lignes aussi simples que droites, bien loin des casques hyper profilés qu’on voit actuellement.

Revers de la médaille quand on veut faire aussi proche de l’époque que possible : il ne faudra pas compter sur une ventilation importante, la ventilation frontale étant bien à la peine pour véritablement rafraichir sans l’aide d’extracteurs à l’arrière. Les aérations visibles sur la mentonnière, quant à elles, n’envoient pas d’air sur le visage et sont plus là pour l’esprit (et pour affiner la ligne) que pour la fonction. Mais un casque, malgré ce qu’en disent certains hipsters, c’est surtout fait pour rouler, alors en selle !

Casque Shoei Glamster, aération frontale
Casque Shoei Glamster, aération frontale

Scrambler, Cafe Racer, Glamster

Sur un roadster non caréné, le Glamster va rapidement démontrer que les limites imposées par le cahier des charges du rétro sont difficiles à atténuer, même pour une marque comme Shoei. Les mousses sont de très bonne facture et vraiment confortables. Indéniablement, quand on enfile ce Glamster, c’est un Shoei. Mais les mousses de joues ne serrent pas autant le visage que d’autres intégraux de la marque. Du coup, le maintien du casque en pâtit. Et pas qu’un peu puisqu’à une allure autoroutière, le casque recule. Rien de gravissime mais c’est surprenant pour qui connaît la gamme du Japonais. Et allure germanique, on se retrouve carrément avec le nez collé sur l’écran. Certes, on profite alors encore mieux de son impressionnant champ de vision, de sa non-déformation du monde extérieur et de la qualité de sa lentille Pinlock pour éviter la buée. Mais au niveau du confort, on repassera. Et s’il faut faire un contrôle latéral en dehors des villes, il conviendra d’anticiper un mouvement du casque, ce qui n’arrive jamais avec un Shoei. Le Glamster souffre ici du même mal que le Bullitt, même si le Bell est une référence (dans l’absurde) ; avec des mousses qui n’avance pas trop sur les joues et une pression quelque peu légère pour ne pas avoir une sensation d’enfermement, il s’avère royal en ville et moyen sur route aux vitesses légales. Et aux vitesses plaisantes, alors qu’un bon casque doit se faire oublier, lui, on peut l’oublier…

Casque Shoei Glamster, mousses intérieures
Casque Shoei Glamster, mousses intérieures

Entendons-nous bien, le Glamster n’est pas un mauvais casque, il est même au-dessus du lot dans son segment (ne reste sans doute que le Arai Concept‑X face à lui). Mais affiché à 449 € en uni et 100 € de mieux dans l’une des (très réussies) déclinaisons Resurection, il s’avère plus onéreux qu’un NXR si l’on veut rester dans la famille Shoei. Et là, on a un intégral compact, qui ne bouge pas en action, quelle que soit l’allure. Mais plus éloigné de l’univers néo-rétro qui est actuellement une véritable Cash Machine pour les fabricants. On ne pourra pas reprocher à Shoei de vouloir s’accaparer une part du gâteau.

Seulement voilà, la moto est une affaire de passion plus que de raison. Sinon, on roulerait tous en R 1200 GS ou en Deauville voiture. Et là, Shoei tape juste car son Glamster s’approche esthétiquement d’un Bell Bullitt moins bien distribué et bien plus limité au quotidien. Mais les mauvaises langues diront que ceux qui roulent avec un Bullitt ne roulent pas vraiment au quotidien.

Il faut donc sans doute voir dans ce Glamster un intégral sympathique à utiliser ponctuellement, en second casque par exemple. Et à ce prix, c’est pour le moins embêtant. Car pour 20 € de moins si on reste chez Shoei, le NXR fait bien mieux le boulot, il est vrai sans ce filtre de la nostalgie qui aide tant à vendre en ce moment.
Mais bon, comme je l’ai dit au début de l’article, je n’étais pas la cible avant l’essai ; et je ne suis pas touché après.

Casque Shoei Glamster, en bord de mer sur une moto customisée
Casque Shoei Glamster, comme il ne sera jamais utilisé car il ne fera que du périph’